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16.06.2007

When the going gets tough... deuxième !

POINT BLANK, le retour !!!

 

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Certains d’entre nous se pinçaient littéralement pour le croire : être en face de POINT BLANK à moins d’un mètre, cela ressemblait à un rêve éveillé. Le groupe et ses trois membres fondateurs en chair et en os, survivants de légende, à Verviers, quel pied !!!

 

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A l’arrière, un batteur de renfort en la personne de Dany Cochran et un claviériste parfait, Larry Telford ! A l’avant John O’ Daniel, Rusty Burns et Phil Petty flanqué du terrible Buddy Whittington, tout cela donne un sextet magique qui a littéralement enflammé les lieux.

 

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Ce fut vraiment le concert parfait dans l’endroit idéal ! J’avoue que depuis les passages de Poco, je n’avais plus plané aussi haut. Il est de ces moments magiques indescriptibles que seuls le Spirit et son mentor Francis sont capables de nous offrir. On aurait vraiment tort de les rater.

Je note que tous les fidèles « pointus » sont là et même d’autres moins rompus à ce genre d’exercice mais tous excellents connaisseurs du langage rock and roll. André Sironval, le premier à l'avant se promet de ne rien rater, Max, Alain, Gauthier, Jean-Luc, Philippe, Marianne et même Jean-Louis, sans oublier le meilleur de tous : Marc Tombal (voir dernière photo). Ca fait plaisir de savoir qu’il y a encore une recherche de qualité dans le landerneau. Car, je le répète, il s’agit d’un événement de toute première importance. On ne fait pas ressurgir trente ans de silence ou presque, sans émotion, sans une immense sensation de retour en arrière fabuleux, sans cette incroyable certitude que la musique peut tout rendre possible et même conférer un sentiment d’éternité à ceux qui la font ou qui la vivent…

 

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L’entame sur « Back In The Alley » remplit instantanément l’atmosphère d’une immense force tranquille, imparable dans ses contours et « rock and roll » au bout de l’entendement. La concurrence entre Buddy Whittington (ci-dessus) et Rusty Burns s’installe immédiatement, elle promet quelques passes d’armes académiques. Au milieu de tout cela, une voix ! Une grande, généreuse et humaine voix : celle de John O’ Daniel ! Le tempo se renforce avec « Moving », plein, superbement cadré, une base arrière rythmique irréprochable (Phil Petty en superforme), ça donne déjà dans le sublime…

 

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Quelques entrelacs de lead guitars nous montrent l’étendue du talent des deux frontistes aux manches de feu. (NB Une Fender de 1963 pour Buddy et une Custom de Dieu sait où pour Rusty).

 

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« Nasty Notions » (1977, 2nd Season) calme un peu le jeu et recadre magnifiquement le sujet. Des passages parfaits de soli riants et une force de frappe habilement maîtrisée couronnés par le timbre lumineux de John O’ Daniel et le tranchant de Rusty Burns (ci-dessus et ci-dessous) !

 

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Ca canarde alors vraiment très fort avec « Bad Bees » un des morceaux les plus caractéristiques de la puissance de feu qu’un groupe pareil dégage comme pour rire… Les parties de clavier sont divines, les chorus endiablés et les appoints guitaristiques fabuleux. On nage dans l’allégresse, dans une divine béatitude qui nous permet de penser que ça va voler haut ce soir…

 

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Effectivement « Uncle Ned » met le feu aux poudres. Sa deuxième partie déclenche une invraisemblable jouissance qui emporte l’audience dans un trip dément… Il faut le voir, l’entendre et le vivre pour le croire, ça donne dans le grandiose, des sorties de leads immenses, un assemblage de questions/réponses incroyables entre les deux guitaristes, c’est du délire dans le public, du délire, je vous dis.

 

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Et voici que résonnent les premières notes du sublime « Stars and Scars » titre emblématique du groupe, s’il en est. Je vais inévitablement verser ma larme de bonheur là-dessus, c’est imparable, délicieux, adorable, émouvant, époustouflant de mélodie aérienne et de parties de cordes à tomber là… Ma copine Marianne (la femme de Philippe, je précise) est aux anges, je sens qu’elle ne l’oubliera pas de si tôt… C’est littéralement géant ! J’en meurs de bonheur.

 

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Même pas moyen de se remettre de ses émotions quand t’entends déferler « Nicole » et son beat ravageur. C’est aussi dans la lignée des chefs-d’œuvres du groupe, ce titre à l’intro musclée et aux vocaux sucrés… Un rappel historique que le rock ne se prend pas la tête… des fois qu’on l’aurait oublié !

Arrive un titre composé par Buddy Whittington (membre des Bluesbreakers, siouplé !) pour John Mayall : « Romance Classified » qui tue-la-mort. Imposant, construit, bref imparable…

 

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On sent que ce gars-là en a sous la pédale et qu’il n’a pas fini de nous en remettre . Grand guitariste, le Buddy, vraiment. Comme me le fait remarquer Philippe (le mari de Marianne, donc) il n’utilise quasiment pas la pédale ni aucun effet. Son jeu est cristallin et guitaristiquement pur. Ca sort directement du manche, quoi…

Le long blues de feu qui suit, découvert sur l’album « Reloaded » enflamme totalement l’assistance. « How Blue Can You Get » ça s’appelle et c’est dément. Pas loin du quart d’heure, la machine est complètement rodée, le son est devenu prodigieux (haut dans les tours, incroyable) et les musiciens se tiennent comme les doigts des deux mains. Rusty Burns impose sa formidable dextérité (c’est un peu lui le boss, quand même) et Buddy Whittington survole son sujet à la perfection. Derrière, le duo Cochran/Petty encadre le beat implacablement.

 

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Le trio de chansons qui suit résume à la perfection toute la classe de Point Blank et permet de mesurer l’importance que ce groupe aurait pu prendre, s’il avait pu continuer sa route… Mais pas de regrets, ce qui se passe là maintenant est plus fort encore qu’un passé retrouvé, c’est du bonheur total ! « Lone Star Fool », un rien hypnotique cartonne à tout va. « Free Man » et ses accélérations inouïes c’est du Allman multiplié par Skynyrd et « Mean To Your Queenie » nous catapulte dans le pur boogie texan de derrière les fagots ! Un régal, une intense plénitude, une réconciliation définitive avec cette musique qui n’en finit pas d’aller et de venir à travers le temps et dont on oublie parfois qu’elle est ma mère de tous les styles…

 

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« Tattoed Lady » à l’intro carrée raffermit le blues dans ce qu’il a de plus musclé. La dizaine de fausses sorties qui clôture cette page d’anthologie permet aux deux leads d’échanger quelques passes d’armes impressionnantes, des duels géants !

On apprend alors, de la bouche de M’sieur Daniel qu’un nouvel album studio va paraître fin d’année et on en est ravis, surtout que les deux titres qui suivent sont promis au plus bel avenir, n’en doutons pas… « Down On Bottom » et « Waxahachie » montrent bien, s’il fallait encore en douter, que le groupe a (re)trouvé une cohésion et une créativité rassurantes. Que cela soit dans les chorus (bon sang, ce que John O’ Daniel me fait penser à Michael Mc Donald !) ou dans la structure même des morceaux on se croirait projeté trente ans en arrière.

Le final de « Let Her Go », vous vous en doutez bien, a donné dans le grandiose, accrochés que nous étions à ces toutes dernières secondes d’un concert phénoménal. Il a fallu quelques jours pour encaisser le choc post-traumatique qu’une soirée comme celle-là engendre inévitablement.

 

DD